Et si un New Deal pouvait être instauré ?

▶ Pourquoi ne pas profiter de cette période pour mobiliser collectivement l’ensemble des acteurs, et définir le partage des fruits des efforts de chacun ?

 

 

 

 

 

 

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La crise sanitaire est un accélérateur de changement

En cette période inédite et remplie d’incertitudes, nous avons tous été impactés dans notre manière de vivre et de travailler. De manières bien différentes entre le cadre qui télétravaille depuis sa maison de campagne, celui qui a bénéficié de l’extension du chômage partiel confiné avec ses enfants, le personnel soignant ou l’ouvrier d’une usine alimentaire qui a utilement maintenu son activité.

Sans revenir sur l’ensemble des évolutions en cours et leurs impacts RH (suivi de l’activité, administration et paie, risques professionnels, télétravail, digitalisation, modes de management, …), il semble utile de s’interroger sur la manière de préparer l’avenir et notamment de savoir comment les efforts des salariés pour surmonter les difficultés relatives à la crise sanitaire pourront être reconnus.

Tout le monde a fait et continuera à faire des efforts…

  • L’État poursuit son effort financier, maintient le chômage partiel, relance l’activité et met en œuvre les moyens pour amoindrir les impacts de la crise.
  • Les entreprises annulent ou reportent leurs projets d’embauche et d’investissements, se restructurent avec les conséquences sociales associées.
  • Les actionnaires annulent ou réduisent leurs dividendes, et ceux qui les maintiennent, à quelques exceptions près, n’ont pas eu recours aux aides de l’État.
  • Enfin les salariés, qui sont au cœur des ajustements économiques, ont vu leur rémunération stagner ou baisser, que ce soit à travers le chômage partiel non compensé à 100%, à travers une baisse de salaires pour certains, et dans les semaines à venir, avec une diminution des enveloppes salariales, des parts variables, de l’intéressement et de la participation.

Pourquoi un New Deal ?

Les NAO approchent et ne seront pas florissantes !

Certaines entreprises ont déjà annoncé le gel des salaires voire leur baisse. Les prévisions d’augmentation pour 2021 sont en retrait de 0,2 à 0,8 points selon les différents cabinets spécialisés, marquant un coup d’arrêt à la hausse continue des budgets depuis près de 4 ans.

Un tiers des DRH envisage de geler les budgets d’augmentation et près d’un quart parlent même de baisses de salaires.

Alors pourquoi ne pas profiter de cette période pour mobiliser collectivement l’ensemble des acteurs, et définir le partage des fruits des efforts de chacun ?

L’occasion se présente de créer un nouveau contrat social, avec une idée toute simple : injecter ce qui n’a pas pu être distribué dans une enveloppe salariale, conditionnée à l’atteinte de résultats satisfaisants pour tous, et de partager équitablement la performance collective.

Et quoi de mieux qu’un accord d’intéressement pour organiser ce partage et mobiliser collectivement l’ensemble des salariés ?

Vous êtes nombreux à en bénéficier dans les grandes entreprises, et avez déjà certainement anticipé un avenant pour ajuster les paramètres et tenir compte de la nouvelle situation.

Pour celles et ceux n’ayant pas encore d’accord, cela pourrait enrichir et renforcer les discussions avec les salariés. C’est le bon moment pour discuter du modèle économique et de l’avenir.

Et pourquoi pas d’ouvrir la réflexion à d’autres dispositifs tels que l’accord de compétitivité, l’organisation du travail et le télétravail, la mobilité, …

Nous vivons une période qui a considérablement modifié la manière de travailler, de s’engager, de collaborer, de manager, et je suis certain que chacun trouvera sa voie dans ce nouveau paysage.

Si vous en éprouvez le besoin, nos équipes, de par leurs expertises sur ces sujets, seront ravies de vous accompagner dans la mise en œuvre de ce New Deal.

Bonne préparation de 2021 !

Jean-Philippe Gouin