La solitude du leader : un obstacle au bon management

▶ A une époque où l’écoute et la communication sont les maîtres mots du leadership, la solitude du dirigeant peut être perçue comme un obstacle au bon management.

 

 

 

 

 

 

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En effet, le pouvoir hiérarchique qui est attribué au dirigeant exerce une fascination tant sur ceux qui le subisse que sur ceux qui le pratique. De ce fait, cela peut engendrer un écart entre la perception ou le discours du dirigeant, et la réalité de son entreprise. Cette bulle, également appelé « tour d’ivoire » peut, d’une façon paradoxale, altérer la remontée d’information et impacter directement la prise de décision.
Selon Walt Bettinger, P-DG de la firme de courtage Charles Schwab, ce dilemme est le « défi numéro 1 » de sa fonction. Il se présente sous deux formes, explique-t-il : « Les gens qui vous disent ce qu’ils croient que vous voulez entendre et les gens qui ont peur de vous dire des choses qu’ils croient que vous ne voulez pas entendre. ». Plus le niveau de hiérarchie est élevé, plus le phénomène s’intensifie.
David Owen, ancien ministre britannique des Affaires étrangères, et Jonathan Davidson, professeur de psychiatrie et de sciences du comportement à l’université Duke, ont illustré cela en 2008 comme étant le « syndrome de l’hubris » qu’ils définissent comme « un trouble de la détention du pouvoir, en particulier du pouvoir associé à des années de succès ». De ce fait, la solitude, entraînée par les privilèges hiérarchiques peut atrophier le champ de vision du leader et biaiser son jugement.
Pour lutter contre le phénomène de la tour d’ivoire, la confiance et la cohésion sont des clés qui peuvent être précieuses. En effet, comme l’explique Cédric Tranchon, Leader de la Patrouille de France en 2011 dans son livre « Les Secrets d’un leader. Dans les coulisses de la Patrouille de France » (paru en octobre 2014 aux éditions Robert Laffont), « Il n’y a pas de solution parfaite. Mais l’exemple de la Patrouille de France montre que l’on peut atteindre une performance collective exceptionnelle au moyen de trois éléments essentiels : un groupe, un esprit d’équipe et une synergie de travail. ».
Enfin, en parallèle de ces synergies d’intelligence collective, la prise en compte des besoins d’accompagnement des leaders fait partie intégrante du premier pas vers « le bon management ». En effet, certaines approches managériales telle que la prise en compte du quotient émotionnel, la connaissance de soi ou encore  la culture du feedback sont tout autant d’outils qui permettent aujourd’hui d’accompagner les leaders et de percer la bulle qui obstrue l’accès à une prise de décision éclairée.

 

Hannah-Mahé THOMAS, Arthur Hunt – Leadership Talent & Transformation

 

Pour aller plus loin :

www.cerveauetpsycho.fr/sd/psychanalyse/le-syndrome-d-hubris-la-maladie-du-pouvoir-3250.php
www.hbrfrance.fr/chroniques-experts/cultivez-la-solitude-un-precieux-avantage-competitif/
www.hbrfrance.fr/chroniques-experts/comment-etre-certain-de-rater-la-transformation-de-son-entreprise/
www.hbrfrance.fr/chroniques-experts/lego-est-lennemi-des-bons-leaders/
www.hbrfrance.fr/magazine/percer-bulle-p-dg/
www.hbrfrance.fr/magazine/viser-une-performance-collective-exceptionnelle/